Présentation géographique
La région du Lôh-Djiboua est située au Centre-Ouest de la Côte d'Ivoire, au sein du District du Gôh-Djiboua. Elle est considérée comme la porte d'entrée du Grand Ouest du pays. L'axe Abidjan–Divo conduit, sans détour, vers les grandes cités de l'Ouest jusqu'à Man et Sipilou, ce qui lui confère un rôle stratégique de carrefour routier et économique.
Son nom est emprunté aux deux cours d'eau principaux qui la traversent du nord au sud : le fleuve Lôh et le fleuve Djiboua (ou Boubo), dont les eaux irriguent des terres d'une fertilité remarquable. La région s'étend sur 10 650 km², soit 3,30 % de la superficie nationale, et comprend 5 communes : Divo, Hiré, Guitry, Lakota et Zikisso.
🗺️ Données territoriales
- Superficie10 650 km²
- % territoire national3,30 %
- DistrictGôh-Djiboua
- Départements3 (Divo, Guitry, Lakota)
- Sous-préfectures17 (13 fonctionnelles)
- Communes5 (Divo, Hiré, Guitry, Lakota, Zikisso)
- Distance Abidjan188 km
- Distance Yamoussoukro135 km
💧 Hydrographie & Relief
- Fleuve principalLôh (Boubo)
- 2ᵉ fleuveDjiboua
- ReliefPlaine forestière à légère ondulation
- ClimatSubéquatorial (2 saisons de pluies)
- Pluviométrie1 200–1 600 mm / an
- VégétationForêt dense & savane arborée
- SolsFerrallitiques, propices au cacao
- Zone industrielle1 zone (Divo, 102 ha)
Régions limitrophes
(Gagnoa)
DJIBOUA
Tiassa
(Sassandra)
(Grand-Lahou)
(Soubré)
Démographie & Peuples
La population projetée du Lôh-Djiboua est de 1 183 741 habitants en 2024 selon l'Agence Nationale de la Statistique (ANStat). Cette population est diverse et cosmopolite : elle se compose d'autochtones — principalement les Dida et les Godié, du grand groupe ethnique Krou — et d'une forte proportion d'allochtones ivoiriens (Malinké, Bété, Baoulé, Sénoufo, Yacouba, Gouro, Agni…) et d'allogènes (Burkinabé, Maliens, Nigériens, Mauritaniens, Ghanéens, Béninois) attirés par les activités agricoles et commerciales de la région.
La ville de Divo, chef-lieu de région, est estimée à 294 559 habitants, ce qui en fait la 6ᵉ ville la plus peuplée de Côte d'Ivoire. Le taux de scolarisation régional est de 87 % (données 2014, DRENA). La langue vernaculaire de la région est le Dida, mais le français, le Dioula et le Malinké sont largement parlés.
Une économie diverse et dynamique
Le secteur agricole occupe environ 80 % de la population active du Lôh-Djiboua. La région est l'une des premières zones de production agricole de Côte d'Ivoire. Son sous-sol recèle également des ressources minières importantes. Dans le cadre du PND 2021–2025, elle constitue l'Agro-pôle 6 — « Pôle académique de recherche et de transformation » — une priorité nationale.
Culture pérenne dominante. Le cacao est la principale source de revenus des agriculteurs du Lôh-Djiboua, dont les sols ferrallitiques sont particulièrement propices à sa culture. La région contribue significativement à faire de la Côte d'Ivoire le 1ᵉʳ producteur mondial.
Culture de renteCulture historique complémentaire du cacao. Le binôme café-cacao a longtemps structuré l'économie rurale de la région. Bien que la production soit en recul par rapport aux années 80, le café reste une culture pratiquée dans les 3 départements.
Culture de renteCulture d'introduction plus récente mais en forte expansion, notamment dans les départements de Guitry et Lakota. Le palmier à huile attire des agro-industries de transformation et constitue un axe majeur du développement économique régional.
Filière émergenteAutre culture de rente en plein essor. Le Lôh-Djiboua constitue l'une des zones de production hévéicole les plus actives de la Côte d'Ivoire. Le Conseil Régional soutient la création de plantations clés en main pour les jeunes (programme jeunes agriculteurs).
Filière en expansionManioc, riz, maïs, igname, gingembre, banane plantain et cultures maraîchères constituent l'essentiel de l'alimentation locale. L'encadrement des femmes productrices de vivriers est un axe prioritaire du programme d'action sociale du Conseil Régional.
Sécurité alimentairePratiqués de façon encore artisanale, l'élevage (bovins, ovins, volaille) et la pêche sur les fleuves Lôh et Djiboua représentent un potentiel de développement important. Deux unités industrielles de transformation du vivrier (gingembre, manioc) sont prévues.
Potentiel à développerLe sous-sol du Lôh-Djiboua recèle des richesses minières considérables. La région abrite deux mines d'or industrielles actives, un gisement de manganèse important dans le département de Guitry, et des réserves de bauxite encore largement à valoriser. Ces ressources font du Lôh-Djiboua une zone stratégique pour l'économie minière nationale.
Mine d'or d'Agbahou
L'une des plus importantes mines d'or de Côte d'Ivoire, exploitée en open pit (mine à ciel ouvert). Longtemps opérée par Côte d'Ivoire Endeavour (CIE), la mine a été cédée en mars 2021 à Allied Gold. Elle fait partie du cluster minier de Divo qui a fait l'objet de tensions communautaires résolues via un accord en 2018 et la création d'un Comité Local de Développement Minier (CDLM).
Mine d'or de Bonikro
Mine d'or industrielle voisine d'Agbahou, également exploitée par Allied Gold. La zone Bonikro-Hiré-Dougbafla constitue avec Agbahou le principal pôle aurifère de la région. Ces sites sont cités parmi les projets de référence du secteur minier ivoirien dans le rapport Oxford Business Group 2022. Un CDLM de Hiré a été créé en juillet 2016.
Manganèse de Lauzoua (Mokta)
Gisement estimé à 3,2 millions de tonnes de manganèse. Exploité par la Compagnie Minière du Littoral, ce site a bénéficié à la sous-préfecture de Lauzoua : eau potable, écoles, maternités et routes ont été construits grâce aux fonds de développement local imposés aux opérateurs miniers. La Côte d'Ivoire est 8ᵉ producteur mondial de manganèse (2022).
Bauxite — Réserves identifiées
Des gisements de bauxite ont été identifiés sur le territoire du Lôh-Djiboua. Cette ressource, matière première de l'aluminium, représente un potentiel industriel considérable encore largement inexploité. Le gouvernement ivoirien a inscrit la valorisation de la bauxite comme une priorité du PND 2021–2025, avec pour objectif de développer la filière aluminium nationale.
La région du Lôh-Djiboua dispose d'une zone industrielle dans le département de Divo avec une réserve foncière de 102 hectares (MCIPPME, 2022). Divo est classifiée « Connecteur Économique Local » dans le cadre du Programme d'Aménagement des Pôles Économiques Compétitifs (PEC, 2018), ce qui signifie qu'elle est une ville intermédiaire à potentiel de transformation agro-industrielle.
Industrie du bois — 6 unités
La région compte 6 industries du bois, dont 5 localisées à Divo. Le secteur forestier est un héritage historique de la grande période sylvicole ivoirienne et reste un secteur actif malgré les pressions sur les forêts.
Industries minières — 2 unités
Deux industries minières exploitent les ressources du sous-sol régional : les mines d'or d'Agbahou-Bonikro et le gisement de manganèse de Lauzoua. Ces unités génèrent des emplois directs et des retombées fiscales pour la région.
Agro-industries — 5 unités
5 agro-industries transforment la production agricole de la région (palmier à huile, cacao, etc.). Le Conseil Régional prévoit d'en développer davantage, notamment des unités de transformation du vivrier (gingembre, manioc) et du cacao.
Commerce & Marché de Divo
Le marché central de Divo est le principal hub commercial du Centre-Ouest ivoirien. Un projet de marché de gros moderne est prévu par le Conseil Régional, ainsi que des marchés de gros dans les grands centres de production agricole.
Pôle académique — Agro-pôle 6
Dans le cadre du PND 2021–2025, la région est désignée « Pôle académique de recherche et de transformation » (Agro-pôle 6). Des établissements d'enseignement supérieur et de formation professionnelle technique sont prévus.
Zone industrielle de Divo — 102 ha
Une zone industrielle dédiée de 102 ha est disponible dans le département de Divo. Ce foncier industriel réservé est un atout majeur pour l'installation d'unités de transformation et d'entreprises manufacturières.
Éducation & Santé
La région dispose d'un réseau éducatif et sanitaire à renforcer. Avec un taux de scolarisation de 87 %, le Lôh-Djiboua affiche des résultats proches de la moyenne nationale, mais des efforts restent à fournir notamment dans le secondaire, dont le taux d'achèvement (39,54 % pour le 2ⁿᵈ cycle) est inférieur à la norme nationale (46,19 %). Le ratio élèves/salle est de 46 pour une norme nationale de 45.
Éducation
Santé
Patrimoine culturel du Lôh-Djiboua
Le Lôh-Djiboua est un berceau culturel d'une richesse exceptionnelle. Le peuple Dida a développé au fil des siècles des traditions artistiques, musicales, vestimentaires et gastronomiques qui constituent un patrimoine immatériel d'une grande valeur. La ville de Divo, dont le nom vient du mot Dida Dji Bi (« là où la panthère se promène »), incarne cette identité culturelle forte.
🎭 Arts & Traditions
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Festival DjakaGrand festival culturel Dida qui célèbre les traditions ancestrales, la musique, la danse et les rites de passage. L'un des festivals identitaires les plus importants de la région.
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💃
Danse AbôdjôDanse très rythmée en harmonie avec des pas caractéristiques, originaire du village de Kagbé dans la sous-préfecture d'Hiré-Ouatta (département de Divo). Un joyau de l'expression corporelle Dida.
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🎵
Groupe WoyaGroupe musical emblématique de la région, ambassadeur de la culture Dida au-delà des frontières régionales. Il contribue au rayonnement de la musique traditionnelle ivoirienne.
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Djiboua ThéâtreCompagnie théâtrale régionale qui explore les thèmes de la société contemporaine à travers le prisme des traditions Dida. Un pont entre modernité et héritage culturel.
🧶 Artisanat & Gastronomie
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Pagne Gnigbéli-Loku (Raphia)Tenue traditionnelle Dida confectionnée en raphia (Raphia vinifera). Le Gnigbéli-Loku est un symbole identitaire fort, porté lors des cérémonies et événements culturels. Objet artisanal prisé des collectionneurs.
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🎒
Gbako — La hotte DidaHotte-sac à dos traditionnel porté par les femmes Dida pour les travaux champêtres. Symbole de la civilisation Dida, une femme avec sa hotte est représentée au rond-point du quartier Bada de Divo.
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🍲
Gastronomie traditionnelleCuisine Dida à base de produits du terroir : foutou de manioc, sauce graine de palme, attiéké artisanal, gibier de brousse, poissons des fleuves Lôh et Djiboua. Une gastronomie authentique et savoureuse.
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Toponymie — « Là où la panthère se promène »Le nom « Divo » vient de Dji Bi en langue Dida, déformé par les autorités coloniales françaises. Cette origine légendaire — le clan Dji Gbe vivant avec les panthères — ancre l'identité de la ville dans un récit mythologique fort.
🌿 Le Raphia — Plante emblématique
La région est réputée pour le Raphia vinifera, utilisé non seulement pour la confection du pagne traditionnel Gnigbéli-Loku, mais aussi pour la fabrication de paniers, nattes, chapeaux et divers objets artisanaux. C'est une filière artisanale à fort potentiel de développement touristique et commercial.
🤝 Le Cousinage à plaisanterie
Selon plusieurs sources, les Dida et les Godié sont les groupes ethniques ivoiriens ayant le plus d'alliés dans le système de parenté à plaisanterie (cousinage à plaisanterie), avec les Akyé, Abey, Abidji et Adjoukrou. Ce mécanisme social ancestral favorise la cohésion intercommunautaire et la résolution pacifique des conflits.